Ebola en Ituri: Roger Kamba brise le silence et appelle à “cesser de croire aux maladies mystiques”
Le gouvernement congolais tente d’éviter le pire. Trois jours seulement après la confirmation officielle du diagnostic d’Maladie à virus Ebola, le ministre de la Santé, Roger Kamba, s’est rendu personnellement en Ituri pour superviser la riposte sanitaire et envoyer un message…

Le gouvernement congolais tente d’éviter le pire. Trois jours seulement après la confirmation officielle du diagnostic d’Maladie à virus Ebola, le ministre de la Santé, Roger Kamba, s’est rendu personnellement en Ituri pour superviser la riposte sanitaire et envoyer un message de fermeté à la population.
« Ce n’est pas une maladie mystique », a martelé le ministre, dénonçant implicitement les croyances et les rumeurs qui freinent souvent la prise en charge rapide des malades lors des précédentes flambées épidémiques en République démocratique du Congo.
Face à la presse et aux autorités locales, Roger Kamba a insisté sur l’urgence de collaborer avec les équipes médicales : « Faites-vous connaître pour qu’on vous prenne en charge et pour éviter que la maladie se généralise. »
Une riposte déclenchée en urgence
Le ministre a voulu démontrer la rapidité de la réaction gouvernementale. Selon lui, le diagnostic a été confirmé jeudi soir, avant une déclaration officielle le lendemain. Dès lors, des équipes médicales ont été déployées dans les zones touchées pour effectuer les prélèvements, organiser les enquêtes sanitaires et préparer les centres de traitement.
Trois sites stratégiques ont déjà été identifiés à Rampara, Mongwalu et Bunia pour accueillir les structures de prise en charge. Des tentes médicales, du matériel d’urgence et des ressources humaines spécialisées ont été acheminés sur place afin de renforcer les capacités sanitaires locales déjà sous forte pression.
59 malades hospitalisés, plus de 350 cas suspects
Le bilan communiqué par le ministre révèle une situation préoccupante. À ce stade, 59 patients sont activement pris en charge dans les structures sanitaires, tandis qu’environ 350 cas suspects font l’objet d’investigations.
Autre chiffre alarmant : 91 décès probables ont déjà été signalés. Toutefois, le ministre appelle à la prudence sur ce bilan, précisant que toutes les victimes ne sont pas encore officiellement confirmées comme étant liées à Ebola.
« Avec les investigations, nous allons déterminer les causes exactes. Il pourrait y avoir moins de décès liés à Ebola que ce qui est actuellement rapporté », a-t-il expliqué.
“Le traitement est gratuit”
Conscient de la peur et de la méfiance qui accompagnent souvent les épidémies, Roger Kamba a tenté de rassurer les populations : la prise en charge est entièrement gratuite et les soins seront renforcés dans les prochains jours.
Le gouvernement affirme également maintenir une surveillance continue de la cartographie des risques afin d’adapter rapidement sa stratégie de riposte selon l’évolution de la situation.
Daniel Michombero